vendredi 29 mars 2013

La Ligne Rouge

  Lorsque j’ai découvert le film de Terrence Malick dans un cinéma des Champs-Élysées en 1999 la claque a été à la mesure du drame qui nous était présenté. Au delà des images, magnifiques et puissantes, et de la force des situations, intenses et immersives,dans l’intime comme dans l’action, la musique de Hans Zimmer ne fut pas étrangère au choc émotionnel que ce film provoqua en moi. Dès la fin de la séance je traversais l’avenue pour me rendre chez Virgin et faire l’acquisition du CD.

Le thème suivant, “Journey to the line” marquait enfin la conquête de la colline 210 sur l’île de Guadalcanal et l’entrée dans le camp retranché des japonais. Un massacre, une délivrance exprimée par un déferlement de fureur et de sang, de folie. Le tout illustré par une musique dont la montée progressive, tout en mesure puis en puissance, élève notre point de vue de spectateur bien au delà de celui de simples voyeurs de toute cette horreur. Une vision de l’humanité et ses excès dans toute sa splendeur tragique.

Je ne fus pas le seul a être marqué par cette musique et au hasard de mes découvertes de bandes originales dont je suis friand, j’ai pu constater que certains compositeurs (avec la bénédiction des réalisateurs je suppose)  ne s’en étaient également pas remis et continuaient de s’en inspirer avec plus ou moins de talent.

Vous pourrez le constater dans la bande originale du film d’Olivier Marchal, Les Lyonnais dans le morceau du même nom : Les Lyonnais, composé par Erwann Kermorvant, ou d’une façon encore plus flagrante dans celle de Shame le film de Steve Mc Queen, pour le morceau intitulé Unravelling, composé par Harry Escott.

On en retrouve également quelques “traces” dans la bo de Magnolia composée par Jon Brion, surtout dans ce morceau : "I've got a surprise for you today" Un film qui me marqua tout autant mais pour d’autres raisons. 

Quoiqu’il en soit, et quelle que soit la richesse de la variation, l’intensité reste de mise. Et dans ces exemples, l’introspection fait son travail. Du moins pour moi.
Écoutez-les dans le métro, assit dans une rame ou marchant dans les couloirs, plissez les yeux pour vous créer votre propre cinémascope,  et regardez les visages et les situations que vous croisez tout en l’écoutant.
La Bo en direct d’un instant de votre vie.
J’adore faire ça.

ps : Rien à voir mais Elias Koteas est un acteur génial et à mon sens sous exploité. Il est bouleversant d’humanité dans la Ligne Rouge, et extraordinaire (entre autre) dans Crash de Cronenberg.


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